n°14
Décembre
2010
Super Computing 2010
Le stand de la NASA à SC10

L’édition 2010 de la conférence Super Computing (SC10) s’est tenue à la mi-novembre à la Nouvelle Orléans. Ce rassemblement de plus de 10 000 personnes, et très fortement orienté sur le calcul haute performance, est l’occasion de réunir des constructeurs et des utilisateurs d’horizons très divers.

Le point focal de la conférence est un hall de plus d’un hectare dans lequel cohabitent l’exposition des matériels les plus récents et les démonstrations préparées par les communautés utilisatrices. Pour l’occasion, constructeurs et experts bénévoles assemblent le réseau SCinet qui cette année offrait une bande passante agrégée de 260 Go/s et mettait en œuvre une liaison longue distance à 100 Gb/s.

Traditionnellement Super Computing est l’occasion d’annoncer l’un des deux classements annuels du Top 500 des machines les plus puissantes de la planète. Cette année, la première machine mondiale est chinoise et se nomme Tianhe-1A (la voie lactée). C’est un calculateur hybride basé sur un assemblage d’INTEL Xeon et de processeurs graphiques (GPGPU) NVIDIA. Tianhe-1A affiche une puissance de 2.6 pétaFlops sur l’étalon LINPACK caractéristique du Top 500, surpassant ainsi le CRAY XT5 JAGUAR de 1.7 pétaFlops installé à Oak Ridge. La première machine française est classée 6ème, il s’agit du calculateur BULL / TERA100 du CEA militaire.

Lors de l’édition 2009 à Portland, les thèmes abordés lors des conférences ou sur les stands montraient une forte activité au niveau de la problématique du refroidissement des machines. Cette année, il semble que la solution des armoires réfrigérées et du confinement des allées chaudes se soit imposée et que le refroidissement ne soit plus un problème immédiat. Par contre, il est évident que les processeurs des machines de demain (K-Computer de Fujitsu, IBM Blue Water,…) disposeront d’un refroidissement liquide au niveau de la carte mère elle-même.

SC10 confirme la percée de l’utilisation des cartes graphiques GPGPU en tant que processeurs afin de traiter des problèmes nécessitant un haut degré de parallélisme. Les difficultés de programmations inhérentes à ces cartes détournées de leur usage initial, sont de mieux en mieux surmontées et on observe que les « road maps » de plusieurs grands fabricants sont basées sur des processeurs dont l’architecture est directement inspirée des GPGPU.

Au niveau des perspectives, on constate que la puissance de calcul des premières machines du Top 500 augmente d’un facteur 1000 tous les 10 ans. Les experts s’accordent à dire que ce sera encore le cas dans l’avenir et que la barre de l’exaFlop sera franchie dès 2018.

La physique des particules a été longtemps en pointe et a tiré la communauté du calcul scientifique, notamment sur tous les aspects touchant aux transferts et aux traitements des données. Force est de constater que c’est de moins en moins le cas, la problématique des données étant omniprésente dans toutes les disciplines et les supercalculateurs étant eux-mêmes devenus des sources de masses de données. Si notre discipline veut continuer de jouer un rôle de leader comme elle en a été capable avec la mise en œuvre des grilles à l’échelle mondiale, il lui faudra être inventive et imaginer les modèles de traitement des données de demain. À cet égard, l’expérimentation que va prochainement mener RENATER sur la liaison CC-IN2P3 – CERN à 100 Gb/s est très importante.

SC11 se tiendra en novembre 2011 à Seattle, le thème principal sera justement focalisé sur les données. C’est peut-être l’occasion pour l’IN2P3 et l’Irfu de renforcer leur présence à cette importante conférence.

Dominique Boutigny

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Conférence

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