n°19
Décembre
2011
Une école Narval dans les nuages

Du 15 au 21 Octobre 2011 a eu lieu la première « Narval School ». Cette formation organisée à l’IPN Orsay en collaboration avec le CSNSM, le GANIL et le LAL avait pour objectif de familiariser avec Narval plus de vingt séminaristes venant de différents instituts (IN2P3, INFN, GSI, GANIL, IKP Köln) et de diverses formations (physiciens, informaticiens et électroniciens).

Narval est un framework (ou cadriciel) d’acquisition de données hautement distribué et modulaire. Narval a été implémenté afin de simplifier l’intégration de code spécifique à chaque expérience et ainsi d’obtenir une application optimisée, tirant parti des fermes de calcul basées sur les architectures multi-cœurs.

Les pieds sur Terre ...

En effet, lors des premières réunions de travail dédiées à cette formation au sein du « groupe Narval », une des principales problématiques soulevées fut la difficulté de placer les participants à cette formation dans un environnement similaire à ceux des expériences utilisant Narval, comme par exemple le tandem d’Orsay, la collaboration AGATA ou les futurs détecteurs de SPIRAL2 qui suivront les recommandations de l’ICC SPIRAL2.

En résumé, comment mettre en place une infrastructure offrant un environnement propice à un logiciel distribué dans le cadre d’une formation ?

Afin de créer cet environnement favorable, il nous fallait fournir à chaque participant :

  • un espace de compilation correctement configuré
  • les outils associés tels que GRU [1]
  • un ensemble de machines ayant accès à un système de fichiers communs

Traditionnellement, pour répondre à ce genre de besoin, deux solutions sont envisagées :

  1. Fournir une machine de compilation et un cluster de machines pour la formation
  2. Demander à chaque participant une configuration particulière de leur machine

Nous n’avions ni le matériel, ni le temps disponible nécessaire à la mise en place de la première solution.

La seconde solution ne répondait pas à la principale de nos contraintes : travailler dans un environnement fortement distribué. Et même en faisant abstraction de ce paramètre, le manque d’homogénéité des configurations et la complexité des configurations réseaux nécessaires risquaient de compromettre le bon déroulement des travaux pratiques. Aucune de ces deux solutions étaient réellement satisfaisante. Une troisième solution s’est offerte à nous lors d’une discussion informelle il nous a été proposé d’utiliser les technologies de « cloud computing » développé dans le cadre du projet StratusLab [2].

La tête dans les nuages !

Le projet StratusLab, dont le LAL est un des participant, a pour objectif de fournir une distribution de cloud IaaS (Infrastructure as a Service). Une infrastructure cloud de ce type est installé au LAL et permet aux utilisateurs d’instancier (démarrer) des machines virtuelles et de réserver un espace de stockage dit « persistant » qui pourra être réutilisé. StratusLab propose aussi un référencement des images virtuelles (image système des machines virtuelles) qui permet de mutualiser l’effort de préparation des systèmes. A la charge des utilisateurs de personnaliser les images afin de répondre à leur problématique.

Contrairement à une solution de virtualisation classique, le cloud permet de contrôler le cycle de vie d’une machine virtuelle (démarrer, stopper) sans interaction direct avec l’infrastructure gérant les machines virtuelles. Pour la préparation de notre école, nous n’avons donc pas eu besoin de mobiliser les administrateurs de l’infrastructure de cloud ou d’avoir des accès privilégiés.

Au travers de cette solution, les problématiques d’infrastructures matérielles (gestion du réseau, gestion des machines, …) ainsi que la configuration des machines virtuelles (adresse MAC, mémoires, …) étaient prises en charge par l’infrastructure cloud. Ainsi, nous avons pu nous concentrer sur la création des images virtuelles nécessaires au bon fonctionnement de l’école.

Pour les besoins de l’école, deux images ont été créée, l’une pour gérer le déploiement de l’infrastructure Narval, l’autre correspondant aux machines sur lesquels les participants allaient se connecter pour effectuer les exercices. Cette dernière image a été utilisé pour lancer vingt cinq machines distinctes mais ayant des configurations identiques.

L’utilisation de cette technologie a permis, grâce à la collaboration des équipes de l’IPNO, du CSNSM, du GANIL et du LAL, de fournir une infrastructure de travail souple et accessible à tous en minimisant les efforts nécessaires à l’organisation de ce type de manifestation C’est ainsi que le succès de cette formation a contribué à créer une nouvelle dynamique au sein de la communauté des utilisateurs de Narval et au delà. En effet, ce concept a été repris lors d’une formation quattor au CC IN2P3 au début du mois de décembre et il est envisagé d’utiliser une infrastructure StratusLab lors de l’école d’optimisation du mois de février.

Une nouvelle édition de cette formation Narval devrait voir le jour en 2012 avec des sessions plus particulièrement destinées aux utilisateurs finaux. Vous pouvez retrouver tous les cours en vidéo sur le site d’information de Narval [3] et la documentation du projet sur le site de développement [4].

Luz GUEVARA et Guillaume PHILIPPON

[1] Ganil ROOT Utilities : http://informatique.in2p3.fr/li/spi...

[2] http://www.stratuslab.eu/

[3] http://narval.in2p3.fr

[4] https://forge.in2p3.fr/projects/narval