n°3
Novembre
2008
Sixième édition des Journées Informatique de l’IN2P3 et de l’IRFU - Bilan

Les sixièmes journées informatique de l’IN2P3 et de l’Irfu se sont tenues du 29 septembre au 2 octobre derniers à Obernai en Alsace. Organisées tous les deux ans en moyenne, ces journées se veulent un lieu de rencontre de la communauté des informaticiens des deux instituts et l’un des temps forts du nouveau réseau thématique RI3. Nul doute cependant que d’une session à l’autre la formule évolue et évoluera encore.

Le succès de l’édition 2008 tient avant tout à la participation qui ne s’est pas démentie. Près de 135 participants étaient réunis à Obernai pour assister à ces journées mais ils n’étaient pas les seuls puisque la participation à distance rendue possible par le service de « webcast live » du Centre de Calcul a rencontré un certain succès. Si on en croit les premiers échos recueillis, ces JI08 ont été plutôt bien appréciées. La qualité des présentations est un ingrédient essentiel, mais le comité de programme a sans doute réussi la prouesse d’alterner les sujets sans multiplier les sessions parallèles sources de dilemmes, de ménager les temps de pause et d’oser quelques innovations comme l’organisation de tables-rondes et le lancement des JITV.

Un bon cru pour la sixième édition des journées informatique de l’IN2P3 et de l’Irfu

Fait assez remarquable en dépit d’un agenda chargé réparti sur 2 jours pleins et 2 demi-journées, l’ensemble des présentations a été suivi avec une presque étonnante assiduité. De nombreux aspects de la mise en œuvre et de l’utilisation de l’informatique ont été abordés. Mais le souci d’équilibre entre contributions invitées et présentations de « l’informatique IN2P3/Irfu », et le dosage entre les aspects Développement et ASR (Administration Systèmes Réseau) ont sans doute permis d’obtenir un assemblage de bonne tenue. « Je suis très content de cette instance des journées, qui a rendu compte d’une très large palette des préoccupations et des métiers de développeurs à l’IN2P3, ce qui n’avait pas toujours été le cas » constate Pierre-Yves Duval.

L’édition 2008 a reçu le soutien de l’IN2P3, du CEA, de RESINFO, IBM et DELL mais organiser les JI n’est pas une mince affaire ! Le comité d’organisation a assuré le suivi des opérations pendant presque une année. Une mention spéciale revient toutefois à l’équipe de l’IPHC qui a assuré avec brio, efficacité et gentillesse l’organisation locale de ce qui restera un très bon millésime alsacien.

En attendant la prochaine édition des JI, nous vous invitons à retrouver les archives vidéo des présentations ainsi que le « clip » et les interviews des JITV réalisés sur place sur le site http://indico.in2p3.fr/conferenceDi....

Conclusion vu par des intervenants

Rendre compte des temps forts de ces journées est une mission impossible que Geneviève Romier (Urec), Jean-Pierre Meyer (Irfu) et Bernard Boutherin ont acceptée et, on peut le dire, brillamment remplie.

« Tous les aspects du développement logiciel ont été abordés : des questions très proches du matériel comme la modélisation de cartes, la simulation ou l’émulation, la validation du matériel, les formats de données jusqu’aux aspects proches de l’utilisateur comme la visualisation des données, les cadriciels, l’authentification et l’autorisation » constate Geneviève Romier. « Ont également été évoqués les outils nécessaires au développement, les difficultés et exigences dans les collaborations, les défis technologiques auxquels l’informatique doit faire face dans ce domaine : temps d’exécution très contraints, performances pointues, souci avec la persistance et le volume des données, souci de la portabilité et l’optimisation des applications compte tenu de l’évolution des processeurs notamment. »

« Les JI sont l’occasion de ramener plein de choses à la maison » nous assure Bernard Boutherin. « Je garderai le souvenir d’une organisation au top. Je me suis enrichi d’un peu de culture générale comme les enjeux de la QCD sur réseau, ce qu’est réellement un cadriciel et une ontologie. Je ramène des idées qui peuvent servir tout de suite et des informations pratiques sur la gestion des configurations centralisées, l’intégration des services de grille dans l’exploitation de l’informatique du laboratoire, sur le service ORACLE au CC. Enfin je constate avec plaisir que le site des informaticiens http://informatique.in2p3.fr dont nous parlions depuis longtemps existe enfin ! Il y a également des tendances à surveiller, une évolution vers Windows qui offre beaucoup de possibilités mais qui fait débat et qui ne doit pas fermer la porte à une partie des utilisateurs. J’ai personnellement apprécié le concept des tables-rondes et je viens avant tout pour avoir des échanges conviviaux avec mes collègues. »

Jean-Pierre Meyer avoue quant à lui être l’un des rares physiciens à s’être glissé subrepticement dans ces journées. « J’ai beaucoup apprécié ces journées presque trop denses pour moi mais finalement je les ai suivies dans leur totalité. C’est un signe de l’intérêt que j’y ai trouvé. » « Si je dois résumer les points marquants, je suis avant tout déçu de devoir attendre encore 7 à 10 ans pour avoir une chance d’utiliser des processeurs 3D mais intéressé par la question de savoir si la physique des particules est réellement prête à exploiter les architectures multi-cœurs. Le parallélisme trivial (un job=un événement) nécessite de 2 à 4 Go par cœur. On n’échappera sans doute pas à une certaine forme de parallélisme de nos codes qui sont beaucoup trop gourmands en mémoire aujourd’hui. Un autre sujet de préoccupation concerne la pérennisation de la grille de calcul. Guy Wormser de l’institut des grilles du CNRS a évoqué les démarches en cours vers une infrastructure pérenne européenne EGI. J’ai noté avec beaucoup d’intérêt l’existence du site PLUME pour diffuser au sein du monde académique les logiciels issus de nos laboratoires mais je ne percevais pas les problèmes liés à l’utilisation de logiciels libres ».

Frédérique CHOLLET (LAPP) et Christian HELFT (LAL)