n°21
Juillet
2012
Le CC IN2P3 remet la responsabilité du service RMS à Renater

Dès 1999, sur les traces des premières expériences de visio-conférences multicast sur BETEL, une politique volontariste de l’IN2P3 a décidé de déployer une infrastructure de visioconférence dans ses laboratoires. Rejointe par la DSI du CNRS qui a déployé ses propres matériels dans ses DR dès 2000. La nécessité est alors vite apparue de donner aux composantes de ces deux infrastructures, voisines et parallèles, des moyens d’interconnexion entre elles, et avec le reste du monde, mais surtout à plusieurs points simultanément. La conférence multisites devenait ainsi possible avec l’achat en commun, et avec l’INSERM, puis l’INRA, du premier MCU, géré pour la communauté de ces EPST, par le CC-IN2P3.

Un logiciel de gestion RMS, entièrement développé au CC, par Daniel Charnay, a permis ensuite de le gérer au mieux de ses possibilités. Lequel s’est adapté si bien au second MCU acheté (le CERN ayant rejoint le "consortium"), que RMS est devenu l’acronyme du service de visioconférence. Ses qualités ajoutées aux performances remarquables de stabilité opérationnelle du MCU Codian ont permis l’extension et l’ouverture de ce service, bien au delà des EPST de départ, devenant de fait, au cours des six dernières années, le premier service pour l’ensemble de la communauté recherche-éducation publique française.

Cet objectif non déclaré, une fois atteint, a permis de cerner les limites, en moyens humains et en responsabilité, de l’infrastructure actuelle, et a amené ses gestionnaires, personnels du CC-IN2P3, à engager avec Renater des négociations dès 2010. Renater, opérateur d’infrastructure que nous connaissions bien par ailleurs au Centre de Calcul, nous semblait en effet le partenaire idéal pour prendre en charge, le devenir de celle-ci.

Pour ce transfert de responsabilité, opération de longue haleine, une convention en réglant les conditions a été finalisée entre le CC-IN2P3, le CNRS et Renater fin mai 2012.

L’annonce, un peu prématurée sans doute, de Renater aux dernières JRES fin 2011 avait d’ailleurs suscité quelques interrogations parmi nos collègues IN2P3 et alliés : "Qu’en serait-il de notre liberté d’usage et de nos facilités ?" Aucun changement n’est à prévoir quant aux possibilités d’usage par nous, IN2P3, bien entendu.

Le principe d’accueil est le même que celui que nous appliquions : faire partie d’une EPST "éduc-recherche" (hors enseignement pur). La hot-line sera désormais assurée par un service dédié de Renater qui, fort de sa meilleure influence et pénétration dans le tissu éduc-recherche devrait mettre en place une hot-line à deux niveaux.

Chaque organisme ou EPST devra, pour être accepté, indiquer un contact référent (qui pourra être démultiplié ensuite localement suivant l’organisation, université par exemple), lequel pourra s’adresser à Renater directement en cas de problème non résolu à son niveau. Logique, tout çà !

Il est donc prévu que la cellule visio de l’IN2P3 continue d’apporter son support et son expertise à la demande, en cas de problème technique (de toutes façons déjà peu nombreux !). Ce, pendant une période de transition d’environ un an, depuis le 1er janvier 2012. Elle continuera ensuite si nécessaire à apporter son aide, mais à nos seuls collègues IN2P3. Renater a toujours démontré son assurance et sa volonté de maintenir tel quel l’usage déjà existant pour les premiers utilisateurs "historiques". Nous ne sommes d’ailleurs plus les plus importants en nombre, l’INRA ayant bien mieux déployé et utilisé cette infrastructure que nous, qui avons aussi d’autres choix possibles avec notamment VRVS, puis EVO, et maintenant Vidyo.

Fort de ce point rassurant, l’IN2P3 a-t’elle une stratégie à 5 ans ? Disons que bien avant la reprise du service par Renater, nous, "gérants" au CC-IN2P3, étions d’avis de laisser le système RMS tel qu’il était, sans gros développement matériel ou logiciel. Il remplit toujours bien son rôle. Mais l’avenir des systèmes de visio semble désormais étroitement lié (à l’IN2P3 comme ailleurs) à leur intégration dans les systèmes existants et futurs, de travail collaboratif, incluant mail, messagerie instantanée, agenda partagé, planning, mots-clés : INdico, Zimbra, etc.

A la marge de la visio-conférence "réunion de groupe", il y a par ailleurs une ancienne et forte demande, pour des capacités de diffusion/enregistrement automatique de conférences ou de "cours", et autres formations. Elle ne peut être satisfaite actuellement dans de bonnes conditions, ni par ce qui existe dans RMS, ni par les capacités, limitées en "manpower", de la cellule webcast in2p3, même récemment renforcée. Un autre sujet porteur sera certainement le développement de salle de téléprésence HD, voire holographiques, hors de portée des budgets actuels

A la veille de la transmission de responsabilité à Renater , qu’il me soit permis ici d’évoquer ici le rôle important de "gourou" et prosélyte de la visioconférence tenu à l’IN2P3 et dans la communauté par Christian Helft (LAL), tout au long de ces années, depuis les premières expériences des années 90. Associé à notre action, ici au CC-IN2P3, il a permis à l’IN2P3 d’acquérir un statut de référence dans la visioconférence académique.

Gerard DREVON (CC-IN2P3)