n°35
Novembre
2016
Le CC-IN2P3 célèbre ses 30 ans à Lyon

Evénement

En 2016, plusieurs laboratoires de l’IN2P3 ont fêté leur anniversaire. Le 7 octobre dernier, le CC-IN2P3 a lui aussi célébré sa 30e année à Lyon et a profité de cette date symbolique pour revenir sur ces décennies de collaboration avec les plus grandes expériences de physique.

Peu de gens le savent mais le CC-IN2P3 est né dans les années soixante, avant la création de l’IN2P3 qui date de 1971, sous l’impulsion de trois laboratoires parisiens : l’Ecole Polytechnique, le Collège de France et celui de l’université actuellement appelée Paris VI. A l’époque, il était installé sur le campus de Jussieu, sur le site de la Halle aux Vins.

En 1986, son transfert vers Lyon fut décidé dans le cadre de la politique de décentralisation et son directeur de l’époque, Jacques Cohen-Ganouna, organisa son déménagement sur le campus de la Doua, où il est toujours. Depuis, le CC-IN2P3 a été le centre de calcul de référence pour de nombreuses collaborations scientifiques : des premières expériences installées sur le LEP du CERN à la découverte du boson de Higgs sur l’accélérateur LHC, en passant par l’expérience BaBar sur l’antimatière. Au fil des années, le Centre de Calcul a montré qu’il savait accompagner les chercheurs et répondre aux défis technologiques qui lui étaient posés, au travers par exemple du web, de la grille ou aujourd’hui du cloud.

Le 7 octobre dernier, pour ses 30 ans, le CC-IN2P3 a choisi de réunir sur son site, près de 300 personnes, membres du personnel, partenaires académiques, institutionnels et politiques, français et étrangers, pour une journée rythmée par des conférences et des visites de son infrastructure. Ce fut l’occasion de rappeler les grandes avancées scientifiques auxquelles il a contribué, d’évoquer les grands défis à venir et de souligner sa participation au niveau local en rappelant son rôle dans plusieurs projets de traitement de données mutualisés avec des laboratoires lyonnais. Le projet CIDRA financé dans le cadre de l’actuel CPER, qui vise à doter la région Rhône-Alpes d’une infrastructure intégrée de calcul haute performance et de stockage de données unique en France, en est un bel exemple.

La journée a démarré avec les traditionnels discours d’ouverture des représentants locaux puis par une brève histoire du CC-IN2P3, racontée avec malice par Denis Linglin, ancien directeur du Centre. Elle s’est poursuivie avec une série de présentations visant à rappeler le rôle du CC-IN2P3 au sein du paysage informatique français : au niveau de l’IN2P3, avec une intervention de son directeur Reynald Pain, qui a rappelé le rôle central que joue le Centre au sein de l’Institut ; au niveau national avec un exposé de Patrick Garda, du service de la stratégie de la recherche et de l’innovation à la Direction générale de la recherche et de l’innovation (du Ministère de la Recherche), qui a notamment mentionné la récente labellisation du Centre en tant que data center national. Enfin, Wainer Lusoli, de la Commission Européenne, est venu lui expliquer l’implication du centre dans le futur projet European Open Science Cloud.

La matinée s’est terminée avec l’intervention de Thierry Deboischevalier, directeur exécutif au sein de la société DELL, qui a mis en avant le partenariat qui lie le CC-IN2P3 et la société américaine, par ailleurs sponsor de l’événement, autour de la fourniture d’une plateforme technologique qui sert notamment au test de matériel pour l’expérience LSST.

Pierre-Etienne Macchi, directeur du Centre, a ouvert la séance de l’après-midi avec un focus sur les enjeux actuels du CC-IN2P3 puis il a laissé la parole à Frédéric Hemmer, responsable du Département IT du CERN, qui a présenté les défis qui restaient à relever avec les expériences post LHC. La contribution du Centre de Calcul dans l’expérience LSST, qui constitue l’un de ses défis dans les années à venir avec son catalogue de milliards d’objets célestes, a ensuite été mis en évidence dans l’intervention remarquée de Steven Kahn, directeur du projet. Enfin, clin d’œil à l’actualité, Benoit Mours, physicien au Laboratoire d’Annecy-Le-Vieux de Physique des Particules, a conclu la série de conférences avec une intervention sur la recherche sur les ondes gravitationnelles.

La journée du 7 octobre fut enfin l’occasion de rendre un dernier hommage à Jacques Cohen-Ganouna, décédé en 2015, en donnant son nom à l’amphithéâtre actuel du Centre. Noël Giraud, ancien du CC-IN2P3, aujourd’hui à l’Institut de Physique Nucléaire de Lyon, a conduit la cérémonie. Dans un discours à la fois drôle et émouvant, il en a profité pour raconter qui était cet homme charismatique qui a dirigé le Centre d’une main de fer durant plus de vingt ans.

Gaëlle SHIFRIN (CC-IN2P3)