n°11
Mai
2010

"... je ne vois pas beaucoup de différences en ce qui concerne les méthodes de travail des deux pays."

Ikuo UEDA

Equipe centrale des opérations de l’informatique distribuée d’ATLAS / CERN

Né au Japon, Ikuo UEDA a étudié la physique à l’Univesité de Tokyo et travaillé sur une expérience embarquée sur un ballon lors de ses études en doctorat et pendant le post-doctorat. L’expérience se déroulait au Canada, tous les ans, dans le but de mesurer les flux anti-proton et faire de la recherche des noyaux anti-hélium dans les rayons cosmiques. Il est ensuite venu en France en 1997, en tant qu’associé de recherche du Centre International pour la Physique Elémentaire des Particules (ICEPP) de l’Université de Tokyo, afin de travailler au CERN sur l’expérience OPAL qui se déroulait au LEP. Quelques années plus tard, il a commencé à travailler sur ATLAS au LHC.


En quoi consiste votre travail sur l’expérience LHC ?

L’institut auquel je suis rattaché, l’ICEPP, joue le rôle de centre régional au Japon. Ainsi, ma première mission dans le LHC a été d’établir le centre régional à Tokyo et de coordonner les activités liées au traitement de données avec des collègues japonais. A cette époque, il y avait les concepts de « centres régionaux » et de « tiers », mais nous n’avions pas le WLCG et notre principale préoccupation était de trouver comment conserver une bonne connexion au CERN Tier-0 malgré la grande distance. Depuis qu’ATLAS a adopté le concept de nuage et que le centre régional de Tokyo a décidé de ce joindre au nuage français, j’ai étroitement travaillé avec les collègues français, principalement sur la distribution de données. Je fais désormais partie de l’équipe centrale des opérations de l’informatique distribuée d’ATLAS, en travaillant notamment sur le suivi au quotidien de l’infrastructure distribuée pour le traitement des données de l’expérience.

Quelles sont vos relations avec les laboratoires de l’IN2P3 ?

J’ai travaillé en tant que chercheur associé avec l’IN2P3/LAPP en 2008 et en 2009 dans le cadre du programme d’échange de chercheurs du CNRS. L’objectif était d’établir un flux de données régulier à l’intérieur du nuage français et d’être préparés au démarrage de l’accélérateur et de l’expérience.

Quelles différences avez-vous constatées entre les méthodes de travail des français et celles des japonais ?

En regardant les personnes travaillant dans la physique et l’informatique dans le domaine de la physique des hautes énergies, je ne vois pas beaucoup de différences en ce qui concerne les méthodes de travail des deux pays. La manière de penser et d’aborder les problèmes me semble assez semblable. Pour moi, les différences portent plutôt sur les personnalités que sur les nationalités. Une des différences flagrante est le temps passé au bureau : beaucoup de mes collègues japonais restent sur le lieu de travail jusque tard dans la nuit, alors que je ne vois pas de collègues français pendant la nuit. Je sais cependant que certains d’entre eux travaillent depuis chez eux. Mes collègues japonais pensent probablement qu’il est plus efficace de travailler dans leur bureau, alors que mes collègues français jugent qu’il est plus important d’être à la maison. Ou peut-être, est-ce simplement le fait que mon expérience de la façon de travailler des japonais date de quelques années, avant que je ne vienne en France, et qu’à cette époque, nous n’avions pas une bonne connexion réseau à notre domicile.

Propos recueillis par Tiffany Thomé

Interview

Ikuo UEDA

Cloud Computing

StratusLab
Rechercher
     

Responsables éditoriaux : Dominique Boutigny et Cristinel Diaconu
Comité de rédaction : Virginie Dutruel, Sébastien Grégoire, Eric Legay, Gaëlle Shifrin et Tiffany Thome

logo CCIN2P3
© CCIN2P3